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Château de Salles

Soutenez la restauration du château de Salles, remarquable chartreuse du XVIIème siècle édifiée entre 1657 et 1659 par la famille de Pontac. Situé au cœur de la commune, en bordure de la Leyre, cet imposant ensemble en pierre de falun est l’un des rares témoins de l’architecture seigneuriale de son époque sur le territoire.
Longtemps abandonné, il s’est fortement dégradé jusqu’à menacer ruine. Depuis son acquisition par la commune en 2022, des travaux d’urgence ont permis de sécuriser les bâtiments et de les mettre provisoirement hors d’eau. Grâce à vos dons, une nouvelle étape peut être engagée : restaurer les toitures les plus dégradées afin de protéger durablement les charpentes encore préservées et sauver ce patrimoine exceptionnel. Soutenez sa renaissance.

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Le Château de Salles sélectionné pour représenter la Gironde

Aquitaine, le 31 août 2026 – La Mission Patrimoine pour la sauvegarde du patrimoine en péril, portée par Stéphane Bern, déployée par la Fondation du patrimoine et soutenue par le ministère de la Culture et FDJ UNITED, dévoile aujourd’hui les cinq sites départementaux sélectionnés en Aquitaine pour l’édition 2026.

Parmi eux, le Château de Salles, en Gironde, a été retenu pour représenter le département Gironde dans le cadre de cette 9e édition de la Mission Patrimoine.

Au total, 100 projets, dont 18 projets emblématiques et un site par département, ont été sélectionnés en France métropolitaine et dans les collectivités d’outre-mer. Pour l’édition 2026, près de 650 nouvelles candidatures ont été déposées sur le site www.missionbern.fr et examinées par les délégations départementales et régionales de la Fondation du patrimoine, avec la participation du ministère de la Culture et des associations de soutien au patrimoine.

Les projets ont été sélectionnés par un comité présidé par Stéphane Bern, selon quatre critères principaux : leur intérêt patrimonial et culturel, leur état de péril, la maturité du projet ainsi que leur impact sur le territoire et leur projet de valorisation.

Lire les communiqués de presse

Communiqué de la ville de Salles – ICI 
Communiqué de la fondation du patrimoine – ICI 

Photographe © Hedelineph

L’histoire du château de Salles

C’est Arnaud de Pontac qui fait construire le nouveau château de Salles entre 1657 et 1659 ! La construction est surveillée par Artaud Masson, bourgeois de Bordeaux et Receveur général des décimes de Guyenne[5], qui détient un fermage[6] dans la seigneurie de Salles. Il est aussi le beau-père de Paul Cazauvielh, juge à Salles. Le jardinier en charge de l’aménagement du parc est Charles Dupuy. Le château, comme bien d’autres vieilles maisons de la localité, est construit en grande partie avec les pierres d’une carrière de Salles, l’une d’entre elle étant située à 200 mètres, près du ruisseau de Badet.

Son fils François-Auguste lui succède, puis la seigneurie de Salles, Belin et Béliet passe entre les mains de Jean-Baptiste Lecomte de la Tresne, époux de Marianne de Pontac, son frère étant mort sans enfant. Lui aussi est Premier président du Parlement de Bordeaux, de 1695 à sa mort en 1703. La seigneurie reste dans cette famille qui continue d’avoir des charges importantes au Parlement de Bordeaux jusqu’en 1741, date où elle est vendue à Jean-Baptiste d’Albessard, qui doit l’année suivante la revendre, en vertu du retrait lignager[7], à François Arnaud de Montferrant, premier baron et Sénéchal d’Aquitaine… qui est un descendant de la famille de Pontac. Celui-ci revend la seigneurie de Belin à Jean de Raymond Lalande, fils d’un marchant belinois, qui a acheté une charge de conseiller au Parlement de Bordeaux.

C’est enfin Nicolas Pierre de Pichard, baron de Saucats et du Barp, président à mortier au Parlement de Bordeaux, qui rachète aux héritiers de François Arnaud de Montferrand la terre de Salles en 1765, la réunifiant par ailleurs avec celle de Belin, et y ajoutant celle de Lugos.  Pichard est alors un des plus importants propriétaires terriens du Bordelais, et il possède aussi de nombreux châteaux viticoles. Il achète par exemple le château Lafitte en 1784 pour un million de livres, soit deux-cent fois le revenu annuel déclaré de la seigneurie de Salles, Belin et Béliet. Il est surnommé “le grand vigneron”. C’est un certain Jean Clerc qui s’occupe de sa seigneurie à Salles.

Sa fille se marie en février 1789 à Jacques Maxime Paul de Chastenet, comte de Puységur, colonel au régiment de Monsieur, frère du roi. En mars 1789, Nicolas Pierre de Pichard et son gendre assisent aux États Généraux, l’Assemblée des Trois Ordres. À partir de 1790, avec son épouse, sa fille et son gendre, il quitte Bordeaux qui aller dans leurs différentes possessions, et à Luchon, près de la frontière espagnole, Jacques Maxime Paul de Chastenet en profite pour émigrer, rapidement rejoint par son épouse. En 1793, Monsieur et Madame Pichard, cette dernière est alors très malade, s’installent à Saint-Germain-en-Laye. Pendant ce temps-là, et malgré des envois de certificats de résidence de leur part, leur disparition de Bordeaux les fait considérer comme des émigrés. Le Château Lafitte est alors mis sous séquestre, comme d’autres de leurs biens. Le couple est finalement arrêté à Saint-Germain-en-Laye en 1794 et conduit à la Conciergerie, et le régisseur de la seigneurie de Salles, Jean Clerc, accusé d’être contre-révolutionnaire à cause de ses lettres, et incarcéré à Bordeaux, puis conduit à Paris. Ils comparaissent alors tous les trois, avec seize autres accusés, devant l’accusateur public Fouquier-Tinville. Les Pichard sont accusés d’avoir aidé leur fille et leur gendre à émigrer, et la correspondance antirévolutionnaire adressée à Nicolas Pierre par son régisseur fait office de pièce maîtresse de l’accusation. Ils sont ainsi tous les trois condamnés à mort, et exécutés le 30 juin 1794 sur la place de la Barrière de Vincennes.

Les biens de la famille sont alors vendus comme biens nationaux, mais la terre de Salles ne semble pas trouver preneur. Mais, en 1801, la fille du couple Pichard, Marie Adélaïde, récupère le domaine. Elle décède cependant en 1803 sans enfant. C’est un de ses neveux, Maxime de Chastenet de Puységur qui reprend la propriété de Salles et leur famille la conserve jusqu’au début du XXe siècle. Ils reprennent alors le procès séculaire qui oppose les seigneurs à la population concernant les lieux de pacage dans les landes seigneuriales depuis au moins 1539, qui s’enflamme de nouveau durant cette période.

Le 18 juin 1910, on apprend dans The New York Herald, version de Paris, que le comte de Puységur est au château de Salles. Peu de temps après, le château est vendu à Raoul Brun, industriel dans le secteur du bois, qui fonde en 1904 club de rugby de Salles.

Une carte postale datée des années 1940 montre un groupe de quatre officiers Allemands à côté du bassin de la cour d’honneur du château témoigne de l’Occupation à Salles.

Le château est ensuite vendu à un certain Monsieur Choquet, avocat à Paris, qui meurt tragiquement dans un accident de voiture avec son épouse. C’est leur fille qui hérite du château et le vend à un groupe hollandais, qui occupe pendant plusieurs années à la fois pour y vivre et pour en faire des bureaux. Finalement, le juin 2022, la mairie de Salles rachète le château.

[5] Les décimes sont un impôt royal prélevant la dixième partie des revenus du clergé, sous l’Ancien Régime. Elle devient un impôt permanent au cours du XVIe siècle et c’est Henri II qui créé la fonction de receveur des décimes. Artaud Masson collecte, pour toute la Guyenne, les décimes prélevées par les receveurs de chaque diocèse.

[6] Le fermage est un bail rural dans lequel un propriétaire, le bailleur, confie à un preneur, le fermier, le soin de cultiver une terre sous contrat. Cela se différencie du métayage, où le bailleur reçoit une partie de la récolte, par le fait que le bailleur du fermage reçoit un loyer annuel fixe, payable en argent, mais souvent stipulé en nature, ce qui constitue une indexation sur les cours des produits récoltés.

[7] Un droit civil coutumier permettant aux membres d’un lignage, c’est-à-dire la famille élargie, de retirer, ou reprendre un bien héritable qui fait l’objet d’une vente au membre d’un autre lignage en remboursant à l’acquéreur le prix d’achat de celui-ci. Cela ne concernait que les maisons, rentes foncières et autres droits réels, excluant l’usufruit, les offices, les rentes constituées ou les meubles.

Chantier participatif au château : rendez-vous le 18 juillet !

Dans le cadre de la poursuite de la réhabilitation du château de Salles, la commune continue d’associer les habitants et les bénévoles souhaitant contribuer à la mise en valeur de ce patrimoine.

Le prochain chantier participatif sera consacré au nettoyage et au débroussaillage de l’arrière du château.

Vous souhaitez prendre part à cette journée et vous avez au moins 16 ans ? Inscrivez-vous via le formulaire en ligne au plus tard le 11 juillet 2026.

Nous vous remercions par avance pour votre participation et votre engagement aux côtés de la commune.

Informations pratiques :

• Inscription possible à partir de 16 ans ;

• Pour les mineurs âgés de 16 à 17 ans, il est obligatoire de présenter l’attestation de bénévolat signée par un représentant légal ;

• Chantier à 9h et à 12H30 puis de 14h00 à 16h30 ;

• Rendez-vous devant la cour du Château de Salles ;

• Repas du midi pris en charge par la municipalité pour les bénévoles ;

• Merci de venir avec vos équipements : sécateurs, scie ou tout autre outil à main de jardinage non thermique

“La municipalité a fait l’acquisition du Château de Salles, patrimoine historique de notre commune. Il est temps maintenant de commencer la réhabilitation de cet édifice trop longtemps laissé à l’abandon. Les étapes seront nombreuses et nous souhaitons les franchir avec vous. Ce projet et votre implication nous tiennent à cœur.

Nous vous proposons donc de contribuer aux premiers chantiers participatifs. Il s’agira de déblayer les écuries et bâtiments annexes pour permettre la réalisation des premiers travaux de préservation de la bâtisse.

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